jeudi 8 décembre 2016

Infertilité - Le coup de semence » article Liberation



C’est ce que titre Libération, qui observe sur 4 pages que « tandis que les problèmes de fertilité des couples vont en s’aggravant, les colloques internationaux se multiplient à propos de la GPA, la PMA ou la congélation des ovocytes. Les pouvoirs publics, eux, restent muets ».
Le journal note ainsi qu’« en France, 1 couple sur 6 consulte pour des problèmes de fertilité, contre 1 couple sur 7 il y a seulement 5 ans ». 
Le quotidien indique que « depuis 3 ans se tient une Journée internationale de l’infertilité. Cette année encore, le collectif Bamp, association de patients de l’AMP (Assistance médicale à la procréation et de personnes infertiles) s’apprête à publier un nouveau manifeste, adressé aux candidats à la présidentielle, réclamant un «vrai» plan français contre les difficultés à procréer ».
Libération remarque qu’« en 2014 (derniers chiffres disponibles), 25.208 enfants sont nés grâce à une technique de procréation médicalement assistée (PMA, également appelée AMP), pour près de 144.000 tentatives de fécondation in vitro et d’insémination artificielle. Ils représentaient alors 3,1% des naissances ».
Le quotidien note que « comme l’observe le Pr Dominique Royère, directeur procréation-embryologie-génétique humaine de l’Agence de biomédecine, ces chiffres suivent une «hausse régulière indéniable. Nous en étions à 2,7% des naissances en 2010» ».
Le journal constate toutefois que « ces chiffres ne prennent pas en compte tous ceux qui filent à l’étranger pour échapper aux files d’attente en France. Et là, ça commence à faire du monde. Un millier de dossiers de prise en charge par la Sécu pour des PMA à l’étranger sont ainsi enregistrés tous les ans. Et puis, il y a toutes celles et tous ceux qui filent en douce hors des frontières, se livrant à ce que l’on appelle tristement «tourisme procréatif», sans rien demander à la Sécu ».
Virginie Rozee, sociologue chercheure à l’Ined, explique notamment : « On sait qu’il y a des couples hétérosexuels qui collent aux critères d’âge légaux en France [43 ans, ndlr], mais veulent s’épargner les longues listes d’attente en France, notamment pour ce qui est du don d’ovocytes. En Grèce, par exemple, l’attente peut n’être que de 3 mois ».
Libération ajoute que « c’est encore sans compter avec celles et ceux qui, contrecarrés dans leur projet parental par la législation française, parmi les plus restrictives d’Europe, n’ont d’autre possibilité que d’aller à l’étranger : les femmes célibataires et les couples de lesbiennes en quête d’une insémination avec donneur, les couples homos (et le cas très particulier des femmes privées d’utérus) en demande d’une mère porteuse ».
« Combien sont-ils ? On estime - sans pouvoir le vérifier - qu’environ 2.000 enfants issus de GPA à l’étranger vivraient en France. Et le reste de la troupe ? Mystère », continue le quotidien. Virginie Rozee ajoute qu’« avec la médicalisation croissante de la reproduction dans un contexte de mondialisation tout aussi croissante, ces recours à l’assistance médicale à la procréation sont amenés à se développer ».

De son côté, le Pr Royère souligne que « la cause majeure des problèmes de fertilité chez l’essentiel de la population, c’est le recul de l’âge de la maternité. Certains évoquent des problèmes environnementaux, la présence de perturbateurs endocriniens qui affecteraient la fertilité tant des femmes que des hommes. Mais ce n’est pas tranché scientifiquement. Le problème de l’âge est en revanche avéré ».

« Perturbateurs endocriniens : le bisphénol A retrouvé chez 70% des femmes enceintes »article du Parisien



Le Parisien fait savoir que « Santé Publique France publie une étude sur l'exposition de 4.145 femmes enceintes aux polluants organiques ayant accouché en 2011 en France métropolitaine ». Le journal précise que « les polluants organiques mesurés dans l'étude sont le bisphénol A [BPA], les phtalates, les pesticides et certains polluants organiques persistants (POP) ».
Le quotidien rappelle en effet que « l'exposition prénatale à ces polluants, pointée du doigt par de nombreuses études, est soupçonnée d'avoir des répercussions sur la grossesse avec des risques de prématurité, de malformations congénitales ou une diminution du poids de naissance ainsi que sur le développement et la santé ultérieure de l'enfant : atteintes du système reproducteur, du métabolisme, du développement psychomoteur et intellectuel et augmentation du risque de cancers ».
Le Parisien note donc que « certains polluants organiques, dont des perturbateurs endocriniens, ont été retrouvés […] chez près de la totalité des femmes enceintes participant à l'étude au moment de leur accouchement ».
Santé Publique France souligne que « les concentrations mesurées sont néanmoins légèrement inférieures à celles observées dans les études antérieures ».
Le journal indique que « le BPA a été mesuré chez plus de 70% des femmes, "confirmant ainsi l'omniprésence de cette substance dans l'environnement". Les femmes les plus imprégnées sont celles qui ont le plus consommé "d'aliments susceptibles d'avoir été en contact avec des matières plastiques ou des résines contenant du BPA comme des aliments pré-emballés dans du plastique ou en boîtes de conserve, vin, eau en bouteille ou en bonbonne" ».
Le quotidien ajoute que « 99,6% ont été exposées à au moins un phtalate à un niveau de concentration quantifiable. La plus forte concentration concerne le DEP, un phtalate utilisé dans les cosmétiques et produits d'hygiène ».
Le Parisien relève que « concernant les pesticides, l'étude se veut plutôt rassurante avec un niveau de concentration rarement quantifiable, à l'exception d'une classe d'antiparasitaires - les pyréthrinoïdes - qui étaient retrouvés chez près de 100% des femmes enceintes. Les pourcentages retrouvés augmentent avec les usages domestiques de pesticides (insecticides, anti-poux et antipuces), la consommation de tabac et d'alcool ».
« L'analyse suggère également que la présence de certaines cultures agricoles à proximité du lieu de résidence est associée à une augmentation des niveaux d'imprégnation », continue le journal.
Le quotidien remarque enfin que selon Santé Publique France, « les diminutions de concentrations observées pourraient s'expliquer en partie par la mise en place de réglementations (atrazine, dioxines, furanes) et par des réductions d'usages liées aux évolutions industrielles (bisphénol A, certains phtalates et pesticides organophosphorés) »

lundi 24 octobre 2016

Lait de Soja , benefice pour l'os


SOJA: Lait de soja tôt dans la vie, effets ostéogéniques à vie
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Actualité publiée hier RSPEAK_START
FASEB Journal


Si les multiples vertus du soja sont bien documentées, quelques-unes controversées, cette nouvelle recherche vient confirmer un bénéfice déjà évoqué, le caractère préventif des protéines du soja contre la perte osseuse.
 Les conclusions présentées dans le FASEB Journal suggèrent que donner aux enfants un régime alimentaire riche en protéines de soja peut contribuer à les protéger contre les formes graves de perte osseuse à un âge adulte ou plus avancé.

Le soja a déjà été associé à plusieurs bénéfices pour la santé, contre l’hypertension artérielle, pour l’équilibre du métabolisme en particulier en cas de stéatose hépatique, en prévention contre certains cancers, en particulier du poumon, de la prostate et du côlon, et pour la capacité musculaire

Consommer du soja alimentaire ou prendre une supplémentation à base de soja est, selon une idée largement partagée, bénéfique pour réduire certains symptômes de la ménopause. 

En particulier, avoir une alimentation riche en protéines de soja et en isoflavones permet de protéger les femmes contre la perte osseuse ou ostéoporose à ma ménopause, a suggéré une étude récente, présentée à la Réunion 2015 de la Society for Endocrinology. 
Cette nouvelle étude du centre de nutrition infantile de l'Université de l'Arkansas suggère qu’un apport de protéines de soja, tôt dans la vie pourrait être bénéfique, bien plus tard, pour la santé osseuse.    
Ainsi, la recommandation de ces experts est un apport, très tôt dans la vie de protéines de soja pour donner toutes ses chances à la santé osseuse, pour la vie. 
Ils en font la démonstration sur un modèle animal de ménopause, le rat femelle. 
Un des groupes de rats a été nourri avec un régime alimentaire riche en protéines de soja pendant 30 jours puis a été passé à une alimentation standard pour rongeurs jusqu'à 6 mois. 
L’objectif était de déterminer la perte osseuse, chez les rats nourris avec les protéines de soja en début de vie et les autres rats. Contrairement au second groupe, privé de soja, le premier groupe de rats ne développe pas les signes de l’ostéoporose et conserve sa densité osseuse à 6 mois.
C’est, pour les auteurs une preuve préliminaire des effets ostéogéniques bénéfiques des composants protéiques du soja. Une découverte qui reste à confirmer chez l’Homme, mais pourrait finalement avoir d'importantes répercussions en Santé publique, pédiatrique puis gériatrique.
Source: FASEB Journal October 12, 2016, doi: 10.1096/fj.201600703R Dietary factors during early life program bone formation in female rats

dimanche 11 septembre 2016

VIANDE ROUGE: Les risques confirmés d’une consommation trop régulière


VIANDE ROUGE:
 Les risques confirmés d’une consommation trop régulière
Journal of Internal Medicine

Des risques significativement accrus- quoique faiblement à modérément- de diabète, de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de cancer. 
Ce nouvel examen de la littérature nous apporte une synthèse très complète des effets sur la santé, associés à la consommation de viande rouge et de la viande transformée. Des données à lire dans le Journal of Internal Medicine qui intègrent également l’empreinte environnementale de la production de viande, avec ses impacts sur les émissions de gaz à effet de serre, sa consommation d'énergie et d'eau.
 Finalement, c'est un appel mondial à de nouvelles directives alimentaires qui limitent au mieux sa consommation.
Les chercheurs suédois de l’Institute of Environmental Medicine du Karolinska Institutet ont pris en compte l’ensemble des études portant sur toutes les viandes (bœuf, veau, porc, agneau et mouton) et les produits à base de viande transformée (jambon, saucisses, bacon, saucisses, salami,..). Ils rappellent l’augmentation, au cours des dernières décennies, de la consommation de viande rouge au niveau mondial, en particulier dans les pays en développement et, simultanément l’augmentation de la prévalence de plusieurs maladies chroniques majeures. Les auteurs rappellent bien évidemment les preuves de la corrélation ou de l’association -selon les études- entre une consommation élevée de viande rouge, en particulier de viande transformée et l’augmentation du risque de ces maladies chroniques.
L’examen nous offre finalement un résumé complet et indiscutable des preuves accumulées sur la base des études de cohortes prospectives des effets néfastes pour la santé de la consommation de viande rouge : il s’agit du risque accru des principales maladies chroniques : le diabète, la maladie coronarienne, l’insuffisance cardiaque, l’accident vasculaire cérébral et plusieurs types de cancer (sein, colorectal), et finalement du risque accru de décès prématuré.
100g de viande rouge/ jour : les estimations du risque sont précisées pour une consommation de 100g de viande rouge non traitée et selon les études prises en compte soit,
·         AVC : d’une augmentation non significative du risque à une augmentation de 11%
·         Cancer du sein :  d’une augmentation non significative du risque à une augmentation de 11%
·         Mortalité cardiovasculaire : 0 à 15%
·         Cancer colorectal : 0 à 17%
·         Cancer avancé de la prostate : 0 à 19%

50g de viande traitée/jour : les risques apparaissent statistiquement significativement augmentés pour la plupart des maladies étudiées :
·         Cancer de la prostate : augmentation du risque : + 4%
·         Mortalité par cancer : + 8%
·         Cancer du sein : + 9%
·         Cancer colorectal : + 18%
·         Cancer du pancréas : + 19%
·         AVC : +13%  
·         Maladie cardiovasculaire : + 22%
·         Mortalité cardiovasculaire : + 24%
·         Diabète : + 32%.

 Il est donc largement confirmé que la consommation élevée de viande rouge, et surtout de viande traitée, est associée à un risque accru de plusieurs maladies chroniques majeures et de mortalité prématurée.
La production de viande rouge implique une charge environnementale. Il s’agit d’intégrer les objectifs en santé humaine et en santé de la planète, écrivent ainsi les auteurs dans leur communiqué, appelant à de nouvelles directives diététiques qui limitent encore la consommation de viande rouge.
Source: Journal of Internal Medicine August 2016 DOI: 10.1111/joim.12543 Potential health hazards of eating red meat

mercredi 7 septembre 2016

DÉPRESSION: Elle se prévient aussi par l’alimentation


British Journal of Nutrition

N’a-t-on pas écrit que dans la dépression, c’est l’inflammation qui allume la mèche ?
A ce rôle de l’inflammation s’ajoute la corrélation de mieux en mieux documentée entre le microbiote intestinal -et donc ce que l’on mange- et la santé du cerveau. Les données de cette étude australienne qui valide le lien entre la dépression et la consommation d’aliments pouvant aussi alimenter l’inflammation, ne surprendront donc pas. Des conclusions présentées dans le British Journal of Nutrition qui font une nouvelle fois le lien entre microbiote intestinal et bon moral.

De très nombreuses études ont déjà fait le lien entre des facteurs alimentaires, des marqueurs de l'inflammation et le développement de la dépression.

On a également montré le lien entre suralimentation et dépression, ou l’effet bénéfique des omega-3 ou de nutraceutiques en complément des médicaments pour lutter contre la dépression. On a enfin même suggéré qu’on pouvait prévenir la dépression par une « bonne » alimentation.

Cependant, très peu d'études qui ont exploré l'association entre le potentiel inflammatoire de l'alimentation et le risque de dépression.

Les chercheurs de l’Université de Caroline du Sud et de Queensland (Australie) ont examiné précisément l'association entre l'indice alimentaire inflammatoire – un score développé spécifiquement pour mesurer le potentiel inflammatoire de chaque aliment-, et le risque de dépression chez 6.438 femmes âgées en moyenne de 52 ans, suivies durant plus de 12 ans.

 La dépression a été définie comme un score ≥10 sur l’échelle Center for Epidemiologic Studies Depression-10 scale.

Les chercheurs ont pris en compte l'apport énergétique, le niveau d’études, le statut matrimonial, la ménopause, l'IMC et les résultats de santé des participantes.

L’analyse montre que :
·         Sur la durée de suivi, 18% des participantes ont développé des symptômes de dépression,
·         les participantes ayant suivi le régime alimentaire à plus faible indice inflammatoire présentent un risque réduit de 20% de dépression vs les femmes suivant le régime alimentaire le plus pro-inflammatoire.

Des résultats qui confirment qu'un régime « anti-inflammatoire » limite aussi le risque de dépression, ici chez des femmes d'âge moyen.

Conclusion, il s’agit de privilégier les noix et grains entiers, légumes cuits, poissons et volailles aux aliments riches en acides gras ou en sucres ajoutés.

Notre microbiote intestinal apparaît encore une fois comme un médiateur aussi de notre santé mentale.

Source: British Journal of Nutrition September 2016 DOI: 10.1017/S0007114516002853 Association between inflammatory potential of diet and risk of depression in middle-aged women: the Australian Longitudinal Study on Women’s Health

mardi 26 juillet 2016

Un lien de cause à effet établi entre l'alcool et 7 types de cancers





Le Parisien relaie les conclusions d’une étude publiée dans la revue Addiction et qui, « en période estivale, risque de faire grand bruit auprès des adeptes du petit vin blanc sous la tonnelle.
 En effet, ces travaux épidémiologiques révèlent des liens de causalité étroits entre consommation d'alcool et cancers ».
Le journal indique ainsi que « selon Jennie Connor, de l'université d'Otago, en Nouvelle-Zélande, auteure principale de ces travaux, il y a des preuves solides que l'alcool provoque 7 types de cancers, de l'oropharynx, du larynx, de l'œsophage, du foie, du côlon, du rectum et du sein ».


« La mauvaise nouvelle est qu'il y aurait, selon la chercheuse, un lien direct de cause à effet. 

Autrement dit, plus on boit d'alcool, plus le risque est important. Les buveurs légers à modérés seraient donc concernés par ces risques », souligne le quotidien, qui estime que « la recommandation de santé "consommer de l'alcool avec modération" ne tient plus ».

Le Parisien explique qu’« une des études a suivi une cohorte de 1 million de femmes britanniques pendant 7 ans. Elle a montré que les femmes qui ont bu entre 70 et 140 g d'alcool par semaine affichaient une augmentation de 5% de cancer comparé à celles qui avaient consommé moins de 20 g par semaine - soit 2 verres de vin de 12 cl ou 2 bières de 25cl - et une augmentation de 13% du cancer du sein ».
Il ajoute que « selon les estimations de l'étude, ces cancers liés à l'alcool représentent 5,8% du total des décès dus au cancer dans le monde ».
Le journal précise que « ces résultats sont le fruit d'une méta-analyse d'études épidémiologiques menées ces dix dernières années par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds mondial de recherche sur le cancer ».


Le quotidien relève en outre que « dans une moindre mesure et sans en comprendre les raisons, les observations semblent indiquer que l'alcool est également à l'origine de certains cancers de la peau, de la prostate et du pancréas », et note que « les fumeurs et buveurs multiplient par 2 leurs risques, tout type de cancers confondus ».


Et donc .......

« En revanche, il est possible d'inverser le risque d'un cancer du foie, du larynx ou du pharynx si le buveur est prêt à s'arrêter, et ce risque est réduit pour toute la durée d'abstinence, selon l'étude. Il équivaudrait même à une consommation nulle après 20 ans d'arrêt », 
observe Le Parisien.

lundi 25 juillet 2016

Omega 3 et adaptation au stress


Par le Dr Sophie Florence (Paris)
Les traitements stimulant la production d’endocannabinoïdes au niveau cérébral, dont font partie les Oméga 3 nutritionnels, ont permis dans une étude expérimentale chez la souris de limiter l’anxiété face à des situations de stress. Des chercheurs de l’Inserm et de l’Inra, de l’Unité mixte de recherche « Nutrition et neurobiologie intégrée », viennent de publier dans la revue Cell Reports, les résultats de leurs travaux. Ils prouvent, pour la première fois, le lien entre l’anxiété et les niveaux d’endocannabinoïdes produits par le cerveau.

Plusieurs études ont jusqu’ici suggéré des liens entre alimentation et moral. En 2011 déjà, l’équipe de chercheurs avait montré qu’une moindre consommation d’Oméga 3 chez les rongeurs augmentait leur niveau de stress. L’hypothèse principale reposait sur l’altération des capacités du cerveau à produire des cannabinoïdes endogènes, les « endocannabinoïdes ».
Il s’agit de lipides du cerveau qui contrôlent la plasticité synaptique des neurones du noyau accumbens, zone du cerveau liée à la régulation des émotions et du stress. Pour mieux comprendre ces liens entre anxiété et plasticité synaptique dépendante des endocannabinoïdes, l’équipe de chercheurs a poursuivi ses expérimentations en testant différents modèles de stress comportementaux sur les rongeurs.
Ils ont soumis les rongeurs à une batterie de tests liés au stress comportemental : isolement, labyrinthe ou environnement anxiogène. Les souris qui présentaient plusieurs symptômes liés à l’anxiété ont reçu un traitement stimulant la production d’endocannabinoïdes dans le noyau accumbens et les chercheurs ont constaté une limitation de l’anxiété chez ces souris.
Les auteurs concluent que ces résultats renforcent l’hypothèse d’un potentiel thérapeutique des molécules modulant la production naturelle d’endocannabinoïdes dont font partie les Oméga 3 nutritionnels.

Référence :
Bosch-Bouju et al.
Endocannabinoid-Mediated Plasticity in Nucleus Accumbens Controls Vulnerability to Anxiety after Social Defeat Stress
Cell Reports (2016)

dimanche 24 juillet 2016

manger un peu moins permettrait d’augmenter notre durée de vie en bonne santé



  1. Source: 
  2. Aging July 13, 2016 Long-term calorie restriction inhibits inflammation without impairing cell-mediated immunity: A randomized controlled trial in non-obese humans (In Press) et Tufts University, Health Sciences 


Cette étude de la Tufts University confirme un concept déjà démontré chez l’animal : une restriction alimentaire modérée peut nous aider à vivre plus longtemps et en meilleure santé, et cela même sans qu’il soit question de surpoids ou d’obésité. Cette large étude multicentrique, à paraître dans la revue Aging, démontre en effet, qu’une restriction
calorique de 25% et sur 2 ans, chez des personnes non-obèses et en bonne santé réduit l'inflammation chronique sans affecter globalement le système immunitaire. 

L’intervention non-génétique la plus puissante pour ralentir le vieillissement ? 

C’est un peu la conclusion de l’étude : manger un peu moins permettrait d’augmenter notre durée de vie en bonne santé.

« Restreindre les calories permet une évolution vers un phénotype sain étant donné le rôle établi de l'inflammation dans le développement des maladies cardiovasculaires, le cancer et le vieillissement. Il est certainement possible -écrivent les auteurs- pour tout un chacun de maintenir, sur le long terme une restriction calorique de 10-15% ». 

Bon appétit !! 

samedi 23 juillet 2016

Terrorisme : assez avec les « scoops de l’épouvante »

Article du Monde de Hasna Hussein  20 juin 2016

Un couple de fonctionnaires du ministère de l’intérieur, dont un policier, a été assassiné dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juin à leur domicile de Magnanville (Yvelines). Cet attentat a été perpétré au nom de l’organisation Etat islamique (EI) par Larossi Abballa, un individu condamné en 2013 pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes.
La couverture médiatique de ce double meurtre vient confirmer le rôle négatif joué par les médias audiovisuels et principalement par les chaînes d’information en continu, ainsi que par certains journalistes et « experts » du djihad en France dans le relais et le traitement de l’information.

Peu de temps après ces assassinats, ces « experts » se sont empressés de diffuser sur les réseaux sociaux des détails mis en ligne par l’auteur des crimes lui-même, contribuant ainsi à élargir de façon exponentielle l’assiette du public réceptif (l’auteur venait tout juste de créer son compte sur Twitter) de quelques dizaines ou de centaines de ses amis sur Facebook à plusieurs centaines de milliers.

Semer la terreur
Depuis, ces chaînes d’information et la presse diffusent ces détails qui ne font que répondre à l’objectif principal de ce genre d’attaque : semer la terreur au sein de la société française.
Ce n’est pas sur le fait de relayer l’information au sujet de l’assassinat du couple de Magnanville que nous mettons l’accent ici, mais sur le fait de livrer les détails morbides du modus operandi de l’individu, comme se sont plu à le faire certains observateurs, commentant le live Facebook utilisé par le criminel comme on commente un match de foot en direct.
Il est indigne de partager sur les réseaux sociaux des informations relatives à la mise en ligne de la vidéo de ces assassinats, comme par exemple des photos des victimes ou de l’auteur se mettant en scène sur un réseau social, de reprendre les détails du contenu de son message de revendication, de son appel au meurtre au nom du djihad, de ses interrogations sur le sort à réserver à l’enfant de 3 ans du couple assassiné ou d’autres menaces que cet individu a pu proférer.
Des détails qui ont été « likés », « retweetés », partagés ou repris par plusieurs centaines d’internautes, voire par plusieurs milliers, ainsi que par de nombreux médias audiovisuels et écrits français. Ces détails ont également suscité une forme de curiosité morbide chez d’autres internautes, confinant dans certains cas à la fascination, les incitant à retrouver le contenu original posté par l’assaillant.

Inversion des valeurs
Le scoop de l’épouvante recherché, grâce à la diffusion de ce genre d’information brutale, par certains « experts » du djihad, et par les médias les relayant, contribue à catalyser l’angoisse et la terreur des Français.
Dépourvus de tout esprit critique et éthique dans leur traitement de l’actualité du djihad, ces « experts » se posent en purs et simples relais de la parole belliqueuse à travers leurs comptes Facebook ou Twitter. Ils semblent ne rechercher que le scoop ou le buzz de leurs propres profils de réseaux sociaux, sans jamais apporter la plus-value des sciences humaines et sociales ou même d’un travail journalistique conscient et conséquent : le traitement critique.
Or, rapporter des faits n’est pas, en l’espèce, suffisant. Donner le matériau djihadiste brut sans déconstruire les soubassements de la propagande, ou sans aucune mise à distance, n’est ni professionnel ni responsable. On voudrait ici nous faire croire que, sur un tel sujet, la (prétendue) neutralité est souhaitable et que toute manifestation d’indignation ou de condamnation est déjà un manque d’objectivité. Inversion des valeurs…
Faire le récit du déroulé d’images du criminel après son acte, depuis le pavillon de ses victimes, ou bien les capter et les rediffuser, manque au plus élémentaire des devoirs éthique et déontologique.

Pas le moindre esprit critique
On peut aussi se demander si les relais médiatiques ayant diffusé en boucle des images d’un Abaaoud ou d’un Merah souriants face à la caméra n’ont pas contribué à une sorte d’« héroïsation » – fût-ce d’un héros négatif, pour reprendre l’expression de Farhad Khosrokhavar – de ces personnages qui, précisément, recherchaient cette exposition médiatique.
Le porte-parole de l’EI, Abou Mohammed Al-Adnani, a prononcé récemment un nouveau discours sur le thème « Ils tuent et se font tuer », appelant les sympathisants de son organisation terroriste à commettre des attentats pendant le mois sacré du ramadan.
L’enregistrement audio, qui a été diffusé par l’entreprise de production de l’EI, Al-Forqân, et mis en ligne depuis le début du mois de juin, est uniquement en langue arabe. Depuis, les « experts » du djihad se sont, encore une fois et dans un souci de faire croître leur notoriété, précipités sur les médias audiovisuels français pour reproduire le message, toujours sans le moindre esprit critique ! Ce moment où l’expert devient un porte-parole du porte-parole !
Le propagandiste du IIIe Reich, Joseph Goebbels, disait : « Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet. » Effet réussi quand des « experts », cherchant également à conserver un statut privilégié auprès de leur réseau d’informateurs, se gardent bien de les froisser en évitant soigneusement de démonter, de critiquer ou même d’analyser la propagande djihadiste.

Failles du système médiatique
Ces « experts » semblent faire tout pour ne pas susciter la colère de leurs centaines de contacts numériques sympathisants de l’EI. Dans le numéro 8 de son magazine francophone, Dar Al-Islam, paru en novembre 2015, l’EI prend la défense d’un « pauvre » « expert » malmené pour avoir affirmé, sur Twitter, la « force » et la légitimité « islamique » de l’EI.
Voilà comment les membres d’une organisation terroriste ou ses sympathisants, considérés comme idiots ou psychopathes, s’appuient ironiquement sur les failles du système médiatique contemporain, sur la course à l’info et à l’« expertise », tout autant que sur l’inconséquence analytique et critique de certains « experts », pour faire la promotion de leurs basses œuvres. Le pire est de faire passer cela pour de la neutralité ou de l’objectivité.

Hasna Hussein est aussi chercheuse associée à l’Observatoire des radicalisations (EHESS-FMSH, Paris) et au Centre Emile Durkheim (Bordeaux). Elle est également membre du conseil scientifique du Centre d’action et de lutte contre la radicalisation des individus (Capri).


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/06/18/terrorisme-assez-avec-les-scoops-de-l-epouvante_4953153_3232.html#Z5evjxALJ8zi7JJX.99