C’est ce que titre Libération, qui observe sur 4 pages que « tandis que les problèmes de fertilité des couples vont en s’aggravant, les colloques internationaux se multiplient à propos de la GPA, la PMA ou la congélation des ovocytes. Les pouvoirs publics, eux, restent muets ».
Le journal note ainsi qu’« en France, 1 couple sur 6 consulte pour des problèmes de fertilité, contre 1 couple sur 7 il y a seulement 5 ans ».
Le quotidien indique que « depuis 3 ans se tient une Journée internationale de l’infertilité. Cette année encore, le collectif Bamp, association de patients de l’AMP (Assistance médicale à la procréation et de personnes infertiles) s’apprête à publier un nouveau manifeste, adressé aux candidats à la présidentielle, réclamant un «vrai» plan français contre les difficultés à procréer ».
Libération remarque qu’« en 2014 (derniers chiffres disponibles), 25.208 enfants sont nés grâce à une technique de procréation médicalement assistée (PMA, également appelée AMP), pour près de 144.000 tentatives de fécondation in vitro et d’insémination artificielle. Ils représentaient alors 3,1% des naissances ».
Le quotidien note que « comme l’observe le Pr Dominique Royère, directeur procréation-embryologie-génétique humaine de l’Agence de biomédecine, ces chiffres suivent une «hausse régulière indéniable. Nous en étions à 2,7% des naissances en 2010» ».
Le journal constate toutefois que « ces chiffres ne prennent pas en compte tous ceux qui filent à l’étranger pour échapper aux files d’attente en France. Et là, ça commence à faire du monde. Un millier de dossiers de prise en charge par la Sécu pour des PMA à l’étranger sont ainsi enregistrés tous les ans. Et puis, il y a toutes celles et tous ceux qui filent en douce hors des frontières, se livrant à ce que l’on appelle tristement «tourisme procréatif», sans rien demander à la Sécu ».
Virginie Rozee, sociologue chercheure à l’Ined, explique notamment : « On sait qu’il y a des couples hétérosexuels qui collent aux critères d’âge légaux en France [43 ans, ndlr], mais veulent s’épargner les longues listes d’attente en France, notamment pour ce qui est du don d’ovocytes. En Grèce, par exemple, l’attente peut n’être que de 3 mois ».
Libération ajoute que « c’est encore sans compter avec celles et ceux qui, contrecarrés dans leur projet parental par la législation française, parmi les plus restrictives d’Europe, n’ont d’autre possibilité que d’aller à l’étranger : les femmes célibataires et les couples de lesbiennes en quête d’une insémination avec donneur, les couples homos (et le cas très particulier des femmes privées d’utérus) en demande d’une mère porteuse ».
« Combien sont-ils ? On estime - sans pouvoir le vérifier - qu’environ 2.000 enfants issus de GPA à l’étranger vivraient en France. Et le reste de la troupe ? Mystère », continue le quotidien. Virginie Rozee ajoute qu’« avec la médicalisation croissante de la reproduction dans un contexte de mondialisation tout aussi croissante, ces recours à l’assistance médicale à la procréation sont amenés à se développer ».
De son côté, le Pr Royère souligne que « la cause majeure des problèmes de fertilité chez l’essentiel de la population, c’est le recul de l’âge de la maternité. Certains évoquent des problèmes environnementaux, la présence de perturbateurs endocriniens qui affecteraient la fertilité tant des femmes que des hommes. Mais ce n’est pas tranché scientifiquement. Le problème de l’âge est en revanche avéré ».
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