mardi 26 juillet 2016

Un lien de cause à effet établi entre l'alcool et 7 types de cancers





Le Parisien relaie les conclusions d’une étude publiée dans la revue Addiction et qui, « en période estivale, risque de faire grand bruit auprès des adeptes du petit vin blanc sous la tonnelle.
 En effet, ces travaux épidémiologiques révèlent des liens de causalité étroits entre consommation d'alcool et cancers ».
Le journal indique ainsi que « selon Jennie Connor, de l'université d'Otago, en Nouvelle-Zélande, auteure principale de ces travaux, il y a des preuves solides que l'alcool provoque 7 types de cancers, de l'oropharynx, du larynx, de l'œsophage, du foie, du côlon, du rectum et du sein ».


« La mauvaise nouvelle est qu'il y aurait, selon la chercheuse, un lien direct de cause à effet. 

Autrement dit, plus on boit d'alcool, plus le risque est important. Les buveurs légers à modérés seraient donc concernés par ces risques », souligne le quotidien, qui estime que « la recommandation de santé "consommer de l'alcool avec modération" ne tient plus ».

Le Parisien explique qu’« une des études a suivi une cohorte de 1 million de femmes britanniques pendant 7 ans. Elle a montré que les femmes qui ont bu entre 70 et 140 g d'alcool par semaine affichaient une augmentation de 5% de cancer comparé à celles qui avaient consommé moins de 20 g par semaine - soit 2 verres de vin de 12 cl ou 2 bières de 25cl - et une augmentation de 13% du cancer du sein ».
Il ajoute que « selon les estimations de l'étude, ces cancers liés à l'alcool représentent 5,8% du total des décès dus au cancer dans le monde ».
Le journal précise que « ces résultats sont le fruit d'une méta-analyse d'études épidémiologiques menées ces dix dernières années par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds mondial de recherche sur le cancer ».


Le quotidien relève en outre que « dans une moindre mesure et sans en comprendre les raisons, les observations semblent indiquer que l'alcool est également à l'origine de certains cancers de la peau, de la prostate et du pancréas », et note que « les fumeurs et buveurs multiplient par 2 leurs risques, tout type de cancers confondus ».


Et donc .......

« En revanche, il est possible d'inverser le risque d'un cancer du foie, du larynx ou du pharynx si le buveur est prêt à s'arrêter, et ce risque est réduit pour toute la durée d'abstinence, selon l'étude. Il équivaudrait même à une consommation nulle après 20 ans d'arrêt », 
observe Le Parisien.

lundi 25 juillet 2016

Omega 3 et adaptation au stress


Par le Dr Sophie Florence (Paris)
Les traitements stimulant la production d’endocannabinoïdes au niveau cérébral, dont font partie les Oméga 3 nutritionnels, ont permis dans une étude expérimentale chez la souris de limiter l’anxiété face à des situations de stress. Des chercheurs de l’Inserm et de l’Inra, de l’Unité mixte de recherche « Nutrition et neurobiologie intégrée », viennent de publier dans la revue Cell Reports, les résultats de leurs travaux. Ils prouvent, pour la première fois, le lien entre l’anxiété et les niveaux d’endocannabinoïdes produits par le cerveau.

Plusieurs études ont jusqu’ici suggéré des liens entre alimentation et moral. En 2011 déjà, l’équipe de chercheurs avait montré qu’une moindre consommation d’Oméga 3 chez les rongeurs augmentait leur niveau de stress. L’hypothèse principale reposait sur l’altération des capacités du cerveau à produire des cannabinoïdes endogènes, les « endocannabinoïdes ».
Il s’agit de lipides du cerveau qui contrôlent la plasticité synaptique des neurones du noyau accumbens, zone du cerveau liée à la régulation des émotions et du stress. Pour mieux comprendre ces liens entre anxiété et plasticité synaptique dépendante des endocannabinoïdes, l’équipe de chercheurs a poursuivi ses expérimentations en testant différents modèles de stress comportementaux sur les rongeurs.
Ils ont soumis les rongeurs à une batterie de tests liés au stress comportemental : isolement, labyrinthe ou environnement anxiogène. Les souris qui présentaient plusieurs symptômes liés à l’anxiété ont reçu un traitement stimulant la production d’endocannabinoïdes dans le noyau accumbens et les chercheurs ont constaté une limitation de l’anxiété chez ces souris.
Les auteurs concluent que ces résultats renforcent l’hypothèse d’un potentiel thérapeutique des molécules modulant la production naturelle d’endocannabinoïdes dont font partie les Oméga 3 nutritionnels.

Référence :
Bosch-Bouju et al.
Endocannabinoid-Mediated Plasticity in Nucleus Accumbens Controls Vulnerability to Anxiety after Social Defeat Stress
Cell Reports (2016)

dimanche 24 juillet 2016

manger un peu moins permettrait d’augmenter notre durée de vie en bonne santé



  1. Source: 
  2. Aging July 13, 2016 Long-term calorie restriction inhibits inflammation without impairing cell-mediated immunity: A randomized controlled trial in non-obese humans (In Press) et Tufts University, Health Sciences 


Cette étude de la Tufts University confirme un concept déjà démontré chez l’animal : une restriction alimentaire modérée peut nous aider à vivre plus longtemps et en meilleure santé, et cela même sans qu’il soit question de surpoids ou d’obésité. Cette large étude multicentrique, à paraître dans la revue Aging, démontre en effet, qu’une restriction
calorique de 25% et sur 2 ans, chez des personnes non-obèses et en bonne santé réduit l'inflammation chronique sans affecter globalement le système immunitaire. 

L’intervention non-génétique la plus puissante pour ralentir le vieillissement ? 

C’est un peu la conclusion de l’étude : manger un peu moins permettrait d’augmenter notre durée de vie en bonne santé.

« Restreindre les calories permet une évolution vers un phénotype sain étant donné le rôle établi de l'inflammation dans le développement des maladies cardiovasculaires, le cancer et le vieillissement. Il est certainement possible -écrivent les auteurs- pour tout un chacun de maintenir, sur le long terme une restriction calorique de 10-15% ». 

Bon appétit !! 

samedi 23 juillet 2016

Terrorisme : assez avec les « scoops de l’épouvante »

Article du Monde de Hasna Hussein  20 juin 2016

Un couple de fonctionnaires du ministère de l’intérieur, dont un policier, a été assassiné dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juin à leur domicile de Magnanville (Yvelines). Cet attentat a été perpétré au nom de l’organisation Etat islamique (EI) par Larossi Abballa, un individu condamné en 2013 pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes.
La couverture médiatique de ce double meurtre vient confirmer le rôle négatif joué par les médias audiovisuels et principalement par les chaînes d’information en continu, ainsi que par certains journalistes et « experts » du djihad en France dans le relais et le traitement de l’information.

Peu de temps après ces assassinats, ces « experts » se sont empressés de diffuser sur les réseaux sociaux des détails mis en ligne par l’auteur des crimes lui-même, contribuant ainsi à élargir de façon exponentielle l’assiette du public réceptif (l’auteur venait tout juste de créer son compte sur Twitter) de quelques dizaines ou de centaines de ses amis sur Facebook à plusieurs centaines de milliers.

Semer la terreur
Depuis, ces chaînes d’information et la presse diffusent ces détails qui ne font que répondre à l’objectif principal de ce genre d’attaque : semer la terreur au sein de la société française.
Ce n’est pas sur le fait de relayer l’information au sujet de l’assassinat du couple de Magnanville que nous mettons l’accent ici, mais sur le fait de livrer les détails morbides du modus operandi de l’individu, comme se sont plu à le faire certains observateurs, commentant le live Facebook utilisé par le criminel comme on commente un match de foot en direct.
Il est indigne de partager sur les réseaux sociaux des informations relatives à la mise en ligne de la vidéo de ces assassinats, comme par exemple des photos des victimes ou de l’auteur se mettant en scène sur un réseau social, de reprendre les détails du contenu de son message de revendication, de son appel au meurtre au nom du djihad, de ses interrogations sur le sort à réserver à l’enfant de 3 ans du couple assassiné ou d’autres menaces que cet individu a pu proférer.
Des détails qui ont été « likés », « retweetés », partagés ou repris par plusieurs centaines d’internautes, voire par plusieurs milliers, ainsi que par de nombreux médias audiovisuels et écrits français. Ces détails ont également suscité une forme de curiosité morbide chez d’autres internautes, confinant dans certains cas à la fascination, les incitant à retrouver le contenu original posté par l’assaillant.

Inversion des valeurs
Le scoop de l’épouvante recherché, grâce à la diffusion de ce genre d’information brutale, par certains « experts » du djihad, et par les médias les relayant, contribue à catalyser l’angoisse et la terreur des Français.
Dépourvus de tout esprit critique et éthique dans leur traitement de l’actualité du djihad, ces « experts » se posent en purs et simples relais de la parole belliqueuse à travers leurs comptes Facebook ou Twitter. Ils semblent ne rechercher que le scoop ou le buzz de leurs propres profils de réseaux sociaux, sans jamais apporter la plus-value des sciences humaines et sociales ou même d’un travail journalistique conscient et conséquent : le traitement critique.
Or, rapporter des faits n’est pas, en l’espèce, suffisant. Donner le matériau djihadiste brut sans déconstruire les soubassements de la propagande, ou sans aucune mise à distance, n’est ni professionnel ni responsable. On voudrait ici nous faire croire que, sur un tel sujet, la (prétendue) neutralité est souhaitable et que toute manifestation d’indignation ou de condamnation est déjà un manque d’objectivité. Inversion des valeurs…
Faire le récit du déroulé d’images du criminel après son acte, depuis le pavillon de ses victimes, ou bien les capter et les rediffuser, manque au plus élémentaire des devoirs éthique et déontologique.

Pas le moindre esprit critique
On peut aussi se demander si les relais médiatiques ayant diffusé en boucle des images d’un Abaaoud ou d’un Merah souriants face à la caméra n’ont pas contribué à une sorte d’« héroïsation » – fût-ce d’un héros négatif, pour reprendre l’expression de Farhad Khosrokhavar – de ces personnages qui, précisément, recherchaient cette exposition médiatique.
Le porte-parole de l’EI, Abou Mohammed Al-Adnani, a prononcé récemment un nouveau discours sur le thème « Ils tuent et se font tuer », appelant les sympathisants de son organisation terroriste à commettre des attentats pendant le mois sacré du ramadan.
L’enregistrement audio, qui a été diffusé par l’entreprise de production de l’EI, Al-Forqân, et mis en ligne depuis le début du mois de juin, est uniquement en langue arabe. Depuis, les « experts » du djihad se sont, encore une fois et dans un souci de faire croître leur notoriété, précipités sur les médias audiovisuels français pour reproduire le message, toujours sans le moindre esprit critique ! Ce moment où l’expert devient un porte-parole du porte-parole !
Le propagandiste du IIIe Reich, Joseph Goebbels, disait : « Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet. » Effet réussi quand des « experts », cherchant également à conserver un statut privilégié auprès de leur réseau d’informateurs, se gardent bien de les froisser en évitant soigneusement de démonter, de critiquer ou même d’analyser la propagande djihadiste.

Failles du système médiatique
Ces « experts » semblent faire tout pour ne pas susciter la colère de leurs centaines de contacts numériques sympathisants de l’EI. Dans le numéro 8 de son magazine francophone, Dar Al-Islam, paru en novembre 2015, l’EI prend la défense d’un « pauvre » « expert » malmené pour avoir affirmé, sur Twitter, la « force » et la légitimité « islamique » de l’EI.
Voilà comment les membres d’une organisation terroriste ou ses sympathisants, considérés comme idiots ou psychopathes, s’appuient ironiquement sur les failles du système médiatique contemporain, sur la course à l’info et à l’« expertise », tout autant que sur l’inconséquence analytique et critique de certains « experts », pour faire la promotion de leurs basses œuvres. Le pire est de faire passer cela pour de la neutralité ou de l’objectivité.

Hasna Hussein est aussi chercheuse associée à l’Observatoire des radicalisations (EHESS-FMSH, Paris) et au Centre Emile Durkheim (Bordeaux). Elle est également membre du conseil scientifique du Centre d’action et de lutte contre la radicalisation des individus (Capri).


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/06/18/terrorisme-assez-avec-les-scoops-de-l-epouvante_4953153_3232.html#Z5evjxALJ8zi7JJX.99