VIANDE ROUGE:
Les risques confirmés d’une consommation trop régulière
Journal of Internal Medicine
Des risques significativement accrus- quoique faiblement à modérément- de diabète, de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de cancer.
Ce nouvel examen de la littérature nous apporte une synthèse très complète des effets sur la santé, associés à la consommation de viande rouge et de la viande transformée. Des données à lire dans le Journal of Internal Medicine qui intègrent également l’empreinte environnementale de la production de viande, avec ses impacts sur les émissions de gaz à effet de serre, sa consommation d'énergie et d'eau.
Finalement, c'est un appel mondial à de nouvelles directives alimentaires qui limitent au mieux sa consommation.
Les chercheurs suédois de l’Institute of Environmental Medicine du Karolinska Institutet ont pris en compte l’ensemble des études portant sur toutes les viandes (bœuf, veau, porc, agneau et mouton) et les produits à base de viande transformée (jambon, saucisses, bacon, saucisses, salami,..). Ils rappellent l’augmentation, au cours des dernières décennies, de la consommation de viande rouge au niveau mondial, en particulier dans les pays en développement et, simultanément l’augmentation de la prévalence de plusieurs maladies chroniques majeures. Les auteurs rappellent bien évidemment les preuves de la corrélation ou de l’association -selon les études- entre une consommation élevée de viande rouge, en particulier de viande transformée et l’augmentation du risque de ces maladies chroniques.
L’examen nous offre finalement un résumé complet et indiscutable des preuves accumulées sur la base des études de cohortes prospectives des effets néfastes pour la santé de la consommation de viande rouge : il s’agit du risque accru des principales maladies chroniques : le diabète, la maladie coronarienne, l’insuffisance cardiaque, l’accident vasculaire cérébral et plusieurs types de cancer (sein, colorectal), et finalement du risque accru de décès prématuré.
100g de viande rouge/ jour : les estimations du risque sont précisées pour une consommation de 100g de viande rouge non traitée et selon les études prises en compte soit,
· AVC : d’une augmentation non significative du risque à une augmentation de 11%
· Cancer du sein : d’une augmentation non significative du risque à une augmentation de 11%
· Mortalité cardiovasculaire : 0 à 15%
· Cancer colorectal : 0 à 17%
· Cancer avancé de la prostate : 0 à 19%
50g de viande traitée/jour : les risques apparaissent statistiquement significativement augmentés pour la plupart des maladies étudiées :
· Cancer de la prostate : augmentation du risque : + 4%
· Mortalité par cancer : + 8%
· Cancer du sein : + 9%
· Cancer colorectal : + 18%
· Cancer du pancréas : + 19%
· AVC : +13%
· Maladie cardiovasculaire : + 22%
· Mortalité cardiovasculaire : + 24%
· Diabète : + 32%.
Il est donc largement confirmé que la consommation élevée de viande rouge, et surtout de viande traitée, est associée à un risque accru de plusieurs maladies chroniques majeures et de mortalité prématurée.
La production de viande rouge implique une charge environnementale. Il s’agit d’intégrer les objectifs en santé humaine et en santé de la planète, écrivent ainsi les auteurs dans leur communiqué, appelant à de nouvelles directives diététiques qui limitent encore la consommation de viande rouge.
Source: Journal of Internal Medicine August 2016 DOI: 10.1111/joim.12543 Potential health hazards of eating red meat
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dimanche 11 septembre 2016
VIANDE ROUGE: Les risques confirmés d’une consommation trop régulière
mercredi 7 septembre 2016
DÉPRESSION: Elle se prévient aussi par l’alimentation
British Journal of Nutrition
N’a-t-on pas écrit que dans la dépression, c’est l’inflammation qui allume la mèche ?
A ce rôle de l’inflammation s’ajoute la corrélation de mieux en mieux documentée entre le microbiote intestinal -et donc ce que l’on mange- et la santé du cerveau. Les données de cette étude australienne qui valide le lien entre la dépression et la consommation d’aliments pouvant aussi alimenter l’inflammation, ne surprendront donc pas. Des conclusions présentées dans le British Journal of Nutrition qui font une nouvelle fois le lien entre microbiote intestinal et bon moral.
De très nombreuses études ont déjà fait le lien entre des facteurs alimentaires, des marqueurs de l'inflammation et le développement de la dépression.
On a également montré le lien entre suralimentation et dépression, ou l’effet bénéfique des omega-3 ou de nutraceutiques en complément des médicaments pour lutter contre la dépression. On a enfin même suggéré qu’on pouvait prévenir la dépression par une « bonne » alimentation.
Cependant, très peu d'études qui ont exploré l'association entre le potentiel inflammatoire de l'alimentation et le risque de dépression.
Les chercheurs de l’Université de Caroline du Sud et de Queensland (Australie) ont examiné précisément l'association entre l'indice alimentaire inflammatoire – un score développé spécifiquement pour mesurer le potentiel inflammatoire de chaque aliment-, et le risque de dépression chez 6.438 femmes âgées en moyenne de 52 ans, suivies durant plus de 12 ans.
La dépression a été définie comme un score ≥10 sur l’échelle Center for Epidemiologic Studies Depression-10 scale.
Les chercheurs ont pris en compte l'apport énergétique, le niveau d’études, le statut matrimonial, la ménopause, l'IMC et les résultats de santé des participantes.
L’analyse montre que :
· Sur la durée de suivi, 18% des participantes ont développé des symptômes de dépression,
· les participantes ayant suivi le régime alimentaire à plus faible indice inflammatoire présentent un risque réduit de 20% de dépression vs les femmes suivant le régime alimentaire le plus pro-inflammatoire.
Des résultats qui confirment qu'un régime « anti-inflammatoire » limite aussi le risque de dépression, ici chez des femmes d'âge moyen.
Conclusion, il s’agit de privilégier les noix et grains entiers, légumes cuits, poissons et volailles aux aliments riches en acides gras ou en sucres ajoutés.
Notre microbiote intestinal apparaît encore une fois comme un médiateur aussi de notre santé mentale.
Source: British Journal of Nutrition September 2016 DOI: 10.1017/S0007114516002853 Association between inflammatory potential of diet and risk of depression in middle-aged women: the Australian Longitudinal Study on Women’s Health
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