jeudi 8 décembre 2016

Infertilité - Le coup de semence » article Liberation



C’est ce que titre Libération, qui observe sur 4 pages que « tandis que les problèmes de fertilité des couples vont en s’aggravant, les colloques internationaux se multiplient à propos de la GPA, la PMA ou la congélation des ovocytes. Les pouvoirs publics, eux, restent muets ».
Le journal note ainsi qu’« en France, 1 couple sur 6 consulte pour des problèmes de fertilité, contre 1 couple sur 7 il y a seulement 5 ans ». 
Le quotidien indique que « depuis 3 ans se tient une Journée internationale de l’infertilité. Cette année encore, le collectif Bamp, association de patients de l’AMP (Assistance médicale à la procréation et de personnes infertiles) s’apprête à publier un nouveau manifeste, adressé aux candidats à la présidentielle, réclamant un «vrai» plan français contre les difficultés à procréer ».
Libération remarque qu’« en 2014 (derniers chiffres disponibles), 25.208 enfants sont nés grâce à une technique de procréation médicalement assistée (PMA, également appelée AMP), pour près de 144.000 tentatives de fécondation in vitro et d’insémination artificielle. Ils représentaient alors 3,1% des naissances ».
Le quotidien note que « comme l’observe le Pr Dominique Royère, directeur procréation-embryologie-génétique humaine de l’Agence de biomédecine, ces chiffres suivent une «hausse régulière indéniable. Nous en étions à 2,7% des naissances en 2010» ».
Le journal constate toutefois que « ces chiffres ne prennent pas en compte tous ceux qui filent à l’étranger pour échapper aux files d’attente en France. Et là, ça commence à faire du monde. Un millier de dossiers de prise en charge par la Sécu pour des PMA à l’étranger sont ainsi enregistrés tous les ans. Et puis, il y a toutes celles et tous ceux qui filent en douce hors des frontières, se livrant à ce que l’on appelle tristement «tourisme procréatif», sans rien demander à la Sécu ».
Virginie Rozee, sociologue chercheure à l’Ined, explique notamment : « On sait qu’il y a des couples hétérosexuels qui collent aux critères d’âge légaux en France [43 ans, ndlr], mais veulent s’épargner les longues listes d’attente en France, notamment pour ce qui est du don d’ovocytes. En Grèce, par exemple, l’attente peut n’être que de 3 mois ».
Libération ajoute que « c’est encore sans compter avec celles et ceux qui, contrecarrés dans leur projet parental par la législation française, parmi les plus restrictives d’Europe, n’ont d’autre possibilité que d’aller à l’étranger : les femmes célibataires et les couples de lesbiennes en quête d’une insémination avec donneur, les couples homos (et le cas très particulier des femmes privées d’utérus) en demande d’une mère porteuse ».
« Combien sont-ils ? On estime - sans pouvoir le vérifier - qu’environ 2.000 enfants issus de GPA à l’étranger vivraient en France. Et le reste de la troupe ? Mystère », continue le quotidien. Virginie Rozee ajoute qu’« avec la médicalisation croissante de la reproduction dans un contexte de mondialisation tout aussi croissante, ces recours à l’assistance médicale à la procréation sont amenés à se développer ».

De son côté, le Pr Royère souligne que « la cause majeure des problèmes de fertilité chez l’essentiel de la population, c’est le recul de l’âge de la maternité. Certains évoquent des problèmes environnementaux, la présence de perturbateurs endocriniens qui affecteraient la fertilité tant des femmes que des hommes. Mais ce n’est pas tranché scientifiquement. Le problème de l’âge est en revanche avéré ».

« Perturbateurs endocriniens : le bisphénol A retrouvé chez 70% des femmes enceintes »article du Parisien



Le Parisien fait savoir que « Santé Publique France publie une étude sur l'exposition de 4.145 femmes enceintes aux polluants organiques ayant accouché en 2011 en France métropolitaine ». Le journal précise que « les polluants organiques mesurés dans l'étude sont le bisphénol A [BPA], les phtalates, les pesticides et certains polluants organiques persistants (POP) ».
Le quotidien rappelle en effet que « l'exposition prénatale à ces polluants, pointée du doigt par de nombreuses études, est soupçonnée d'avoir des répercussions sur la grossesse avec des risques de prématurité, de malformations congénitales ou une diminution du poids de naissance ainsi que sur le développement et la santé ultérieure de l'enfant : atteintes du système reproducteur, du métabolisme, du développement psychomoteur et intellectuel et augmentation du risque de cancers ».
Le Parisien note donc que « certains polluants organiques, dont des perturbateurs endocriniens, ont été retrouvés […] chez près de la totalité des femmes enceintes participant à l'étude au moment de leur accouchement ».
Santé Publique France souligne que « les concentrations mesurées sont néanmoins légèrement inférieures à celles observées dans les études antérieures ».
Le journal indique que « le BPA a été mesuré chez plus de 70% des femmes, "confirmant ainsi l'omniprésence de cette substance dans l'environnement". Les femmes les plus imprégnées sont celles qui ont le plus consommé "d'aliments susceptibles d'avoir été en contact avec des matières plastiques ou des résines contenant du BPA comme des aliments pré-emballés dans du plastique ou en boîtes de conserve, vin, eau en bouteille ou en bonbonne" ».
Le quotidien ajoute que « 99,6% ont été exposées à au moins un phtalate à un niveau de concentration quantifiable. La plus forte concentration concerne le DEP, un phtalate utilisé dans les cosmétiques et produits d'hygiène ».
Le Parisien relève que « concernant les pesticides, l'étude se veut plutôt rassurante avec un niveau de concentration rarement quantifiable, à l'exception d'une classe d'antiparasitaires - les pyréthrinoïdes - qui étaient retrouvés chez près de 100% des femmes enceintes. Les pourcentages retrouvés augmentent avec les usages domestiques de pesticides (insecticides, anti-poux et antipuces), la consommation de tabac et d'alcool ».
« L'analyse suggère également que la présence de certaines cultures agricoles à proximité du lieu de résidence est associée à une augmentation des niveaux d'imprégnation », continue le journal.
Le quotidien remarque enfin que selon Santé Publique France, « les diminutions de concentrations observées pourraient s'expliquer en partie par la mise en place de réglementations (atrazine, dioxines, furanes) et par des réductions d'usages liées aux évolutions industrielles (bisphénol A, certains phtalates et pesticides organophosphorés) »